Quand les températures chutent et que les jardins semblent tomber en sommeil, il reste pourtant une plante en fleurs — et elle attire encore les abeilles affamées. Discrète, souvent mal aimée, elle joue pourtant un rôle crucial dans la survie des pollinisateurs en automne. Son nom ? Le lierre commun. Et si vous ne l’avez pas encore planté, il est peut-être temps d’y penser sérieusement.
Pourquoi voit-on encore des abeilles en novembre ?
À l’approche de l’hiver, les fleurs disparaissent les unes après les autres. Et pourtant, quelques abeilles persistent à butiner entre les derniers rayons de soleil. Que cherchent-elles encore à ce moment-là ?
La réponse est simple : elles essaient de faire des réserves dans un moment critique. Une ruche mal approvisionnée risque de ne pas passer l’hiver. Chaque source de nectar compte. Et parmi elles, le lierre se distingue comme l’un des derniers refuges floraux disponibles.
Le lierre commun : une floraison tardive précieuse
Le lierre (Hedera helix) est l’une des rares plantes à fleurir jusqu’à la fin novembre dans de nombreuses zones tempérées. Alors que toutes les autres plantes se fanent, lui déploie encore ses petites fleurs jaune-vert en ombelles.
Ces fleurs fournissent nectar et pollen en quantité, attirant abeilles domestiques, abeilles sauvages et autres insectes encore actifs. Dans une période de pénurie totale, c’est une véritable aubaine.
Les bienfaits du lierre pour les insectes et plus encore
Le lierre ne fait pas que nourrir. Il protège. Ses feuilles persistantes offrent abri et microclimat à de nombreux petits habitants du jardin.
- Nourriture : nectar, pollen, mais aussi baies pour certains oiseaux
- Habitat : il abrite insectes, petits mammifères et oiseaux
- Couverture hivernale : ses feuilles protègent du froid et du vent
C’est une véritable bulle de vie quand tout s’éteint. Un refuge naturel souvent ignoré… à tort.
Éliminer les idées reçues sur le lierre
Pourquoi donc si peu de jardins accueillent ce végétal aux multiples vertus ? Principalement à cause de préjugés tenaces :
- Il serait dangereux pour les murs ? Faux, sauf en cas de façade déjà fragilisée.
- Il étoufferait les arbres ? Faux, si on le surveille un minimum.
- Il serait envahissant ? Modérément – un simple entretien annule ce risque.
Géré intelligemment, le lierre peut même protéger les troncs du gel et limiter la croissance des mauvaises herbes.
Pourquoi planter du lierre chez vous ?
Au-delà de son intérêt écologique, le lierre a de nombreux atouts pratiques pour les jardiniers :
- Résistant : il supporte le froid, la sécheresse, l’ombre.
- Peu d’entretien : une taille par an suffit généralement.
- Esthétique toute l’année : feuillage dense et toujours vert.
- Utile pour structurer un coin de jardin ou habiller un mur ou grillage.
Il offre aussi une alternative intéressante à la pelouse, notamment dans les zones ombragées ou en pente.
Comment bien intégrer le lierre dans votre jardin ?
Installer du lierre est simple. Voici quelques astuces pour bien s’y prendre :
- Choisissez un endroit ombragé : pied d’arbre, base de muret, treillis…
- Préférez un sol bien drainé, même sec
- Ajoutez un paillage en automne pour lui donner un coup de pouce
- Taillez une fois par an pour lui donner la forme voulue
Une fois installé, le lierre se développe lentement les premières années, puis s’étoffe progressivement sans demander beaucoup d’attention.
Un choix éco-responsable qui fait la différence
En plantant du lierre, vous ne faites pas que verdir un mur. Vous soutenez activement la biodiversité. Et vous offrez aux abeilles une pause inespérée, quand tout semble figé.
C’est un geste à la fois simple, durable, et plein de sens. Surtout dans un contexte où les pollinisateurs sont en déclin. Le lierre, en fleur quand tout s’endort, est un allié discret mais essentiel.
Et si, au lieu de l’arracher, vous décidiez de lui faire une vraie place dans votre jardin cette année ?




